Des paroles, des paroles… françaises

 

 

 

 

 

 

            Bon, il faut se faire une raison : depuis Marie Myriam, qui l’emporta en 1977, le « Concours Eurovision de la Chanson » n’a plus guère souri à la France. Il était urgent de sortir de l’impasse.

            En 2014, l’Autriche, avec Conchita Wurst, transsexuel barbu fredonnant « Rise like a Phoenix » a fait sensation en décrochant la timbale… «  En voilà une bonne idée ! … » qu’on a dû se dire lors de la sélection française 2019. Du lot des candidats émergea donc Bilal Hassani et sa chanson « Roi », un roi que l’on  voyait peut-être déjà couronné…

            Longue chevelure blonde au vent, Bilal défend sa chanson, la France et la cause homosexuelle qu’il représente. À mon sens, ce dernier volet est affaire tout à fait intime et personnelle… Bilal, comme chantait Aznavour, «[On ] l’ voyait déjà en haut de l’affiche… »  et… Boum, badaboum ! Le voilà 14ème, quand même très content de lui et c’est tant mieux…

            Pour moi, dans cette affaire le scandale est ailleurs. En effet, si Marie Myriam concourt et gagne avec un oiseau et un enfant bien de chez nous, le « Roi » de Bilal, à cheval sur une frontière franco-anglaise, s’exprime ainsi «  I am me, and I know I will always be… You put me in a box, je suis free, j’invente ma vie… I am me, and I know I will always be… You put me in a box, want me to be like you… Décidément nous sommes les fossoyeurs de notre propre langue, mais est-ce bien la peine de le chanter sur tous les toits européens ? Lorsque l’on défend un pays, on le défend dans sa propre langue, c’est la moindre des choses et des politesses…

 

                                                                                                       Hagnéré Jean-François ( 21/05/2019)

 

                                                                  Publié le 27/05/2019 dans Blog des lecteurs du Monde